Comblement de l’Erdre

DETOURNEMENT ET COMBLEMENT DE L’ERDRE

(Extraits: Nantes: les îles, le fleuve, le port)

– Le 1er juillet 1859 une commission nommée par le Conseil Municipal se prononce sur un « Projet pour l’assainissement et l’agrandissement de la ville de Nantes et la rectification du chemin de fer d’Orléans au moyen de la dériva­tion du canal de l’Erdre et de la suppression du bras Brancas ». Cette dérivation qui débouchait dans un bassin occupant toute la place de la Duchesse Anne n’ap­portait pas de solution satisfaisante au problème de l’écoulement des crues.

Le projet fut abandonné mais, très vite, le passage de l’Erdre en plein cœur de la ville apparut dangereux pour la salubrité publique.

– De nouvelles,études sont entreprises en 1894, 1914 ; en 1925 elles s’in­tègrent dans l’avant-projet des grands travaux à effectuer dans le port de Nantes.

Lorsque priorité est donnée au comblement des bras nord de la Loire par le Minis­tère des Travaux Publics, la ville de Nantes reprend à son compte le détournement et le comblement de l’Erdre étant entendu que l’opération serait exécutée au titre du plan DAWES; que l’entreprise allemande serait payée partie en marks, partie en francs; que le montant de la dépense payable en marks-or serait avancé par l’Etat et remboursé par la ville moyennant un amortissement sur 30 ans, au taux de 4 %

LES TRAVAUX DE DÉTOURNEMENT furent assez rapidement menés:

– 23 décembre 1927 : approbation du projet d’exécution

– 2 mars 1928 : premières soumissions

– octobre 1929 : installation du chantier

– Janvier 1930 : construction d’une galerie d’évacuation des matériaux sous le quai de Richebourg et les voies ferrées du P.O.

– Février 1930 : Projet définitif – On abandonne la construction de l’écluse du square Sully qui devait permettre l’écoulement des crues de l’Erdre. La rivière dont le débit reste faible a toujours la possibilité d’emmagasiner ses eaux en amont dans sa large vallée. Par contre, pour éviter la pé­nétration des eaux de Loire, surélévation d’un mètre du niveau du souterrain et maintien de l’écluse d’aval (St Félix) Toutefois, lors des crues importantes, il peut y voir in­vasion par les eaux du fleuve et inversion de courant.

Le tunnel de 740 m est composé de deux éléments distincts.

Une partie voûtée sous les cours St André et St Pierre, d’une longueur de 550 mètres. La voûte circulaire en béton armé (5 mètres de rayon; 0,60 m d’épaisseur à la clé; 1 m aux naissances) enveloppe une cuvette de 8 m 40 de hauteur, 7 m 90 de largeur, creusée dans le rocher et masquée par 3 à 6 mètres de remblai.

Une galerie sous la place de la Duchesse Anne de sec­tion rectangulaire (8 m 50 de largeur entre des pieds droits de 2 m 25 d’épaisseur) fermée par une poutre de béton armé supportant une mince épaisseur de ter­rains rapportés – Se prolonge dans le lit de la Loire.

Les travaux sont conduits par plusieurs entreprises:

Le souterrain proprement dit – Entreprise Karl BRANDT de Dusseldorf. Début: Avril 1930 ; achèvement 15.6.1933.

La galerie couverte – Établissements Ducos – Nantes – Avril 1930 début de la construction des pieds droits – 27 mars 1934, mise en eau du Canal.

Les cales du Canal St Félix et le barrage éclusé

Entreprise Bernard – Nantes – Octobre 1930 : début du battage du bâtardeau pour la construction du canal éclusé – Novembre 1931 ­Juillet 1932 : maçonneries de l’écluse; septembre 1931 – Mars 1934 construction des cales.

Vannages et portes métalliques – Établissements Paris – Nantes. .

De mai 1931 à mai 1932, construction en usine; de mai à octobre 19 transport et pose – D’un poids de 17 tonnes, d’une épaisseur de 0 m 70, les portes se lèvent entre 2 pylônes de fer et de ciment armé. Sas de 58 m x 8 m.

5 avril 1934 – Inauguration

LES TRAVAUX DE COMBLEMENT

La nécessité du comblement ne s’impose que tardivement.

– De la mi-juillet à la mi-septembre 1932, l’Erdre avait été asséchée du Pont St Mihiel au pont de l’Ecluse pour permettre la jonction de la tête amont du canal au lit actuel… puis remise en eau.

– En 1934 on se borne à réglementer la circulation sur le Pont Morand qui appelle des réparations onéreuses. Le mieux serait de remblayer l’Erdre à cet en­droit mais les bras de l’Hôpital et. de la Bourse absorbent encore des cubes de sable importants. La rivière reste toujours fréquentée, notamment par les vedettes et bateaux de plaisance qui la préfèrent au canal souterrain.

– En 1936 la ville hésite entre la création d’une gare routière sur terrains rapportés et celle d’une chaussée souterraine dans le lit de l’Erdre.

– En 1937, par mesure de salubrité, des barrages flottants de rondins sont établis en amont du Pont Morand et à la pointe de la Poissonnerie, les eaux étant souillées « soit par des plantes aquatiques dérivant de l’amont soit par des écumes provenant du remblaiement hydraulique effectué devant le château ».

– Finalement le remblayage (200 000 m3) commence en mars 1938 ; en juin, on démolit l’ancien barrage éclusé; en août l’on construit, en aval du Pont Morand, le mur de cale destiné à soutenir le talus qui fermera le port marinier.

– En octobre 1940 un accord sur la démolition des ponts de l’Erdre intervient ,entre la ville et les services des Ponts et Chaussées.

LES TRAVAUX D’AMENAGEMENT

Pour collecter, dans la traversée de Nantes, toute la circulation de transit provenant des routes de Vannes et de Rennes, la Municipalité décide, dès 1938, d’établir un vaste boulevard sur l’Erdre comblée.

– En 1940 les chômeurs sont employés sur les chantiers de terrassement

– De mai 1941 à mai 1942 on poursuit l’aménagement de la chaussée cen­trale et des chaussées latérales du Boulevard de l’Erdre que l’on a décidé de pro­longer le 10 mars 1941 – toujours dans le cadre des grands travaux destinés à com­battre le chômage – à travers l’lIe Feydeau (actuel Cours Olivier de Clisson).

– Les travaux cessent pratiquement en 1943 et il faut attendre l’après guerre (1945-1946) pour que, sous le nom de Cours des 50 otages, disparaissent les dernières traces de l’ancien cours de l’Erdre.


%d blogueurs aiment cette page :